Désorientation de la maladie d'Alzheimer, un bracelet pour repérer les fugueurs
La société québécoise Medical Intelligence a choisi la France pour lancer le bracelet-téléphone Columba, qui permet de repérer les personnes atteintes d'Alzheimer égarées. Une initiative originale à laquelle collabore la société de téléphonie mobile Orange et qui sera testée cet été dans la résidence Brune de Medidep, premier groupe privé français, spécialiste de la prise en charge des personnes dépendantes.
SUIVRE LES MALADES à la trace... Cette idée qui, de prime abord, pourrait être mal perçue, plaide, en fait, pour une meilleure sécurité. Louis Massicotte, président de Medical Intelligence et chef des produits, a souhaité ce bracelet à la suite d'une expérience familiale douloureuse. Sa mère, qui souffre d'Alzheimer, a fait trois fugues, dont deux en hiver par - 15 °C, et l'une de ses « disparitions » a duré dix heures !
Ce phénomène de divagation est fréquent chez les patients. Catherine Ollivet, militante de l'association France Alzheimer, en témoigne : « Il peut se produire dans les premières phases de la maladie, les personnes sont encore capables d'aller chercher leur pain, mais si un événement vient les perturber, au lieu de tourner à droite en sortant de la boulangerie, elles prendront à gauche et seront totalement perdues. Il existe aussi au cours de la maladie des inversions jour/nuit, et on va rencontrer dans la rue, à 3 heures du matin, des femmes en chaussons allant faire leurs courses. Autre cas de figure : des impulsions affectives très fortes poussent les malades à aller rejoindre leur mère. Ils peuvent prendre le métro sans se tromper pour retrouver l'immeuble de leur enfance ; si celui-ci a été démoli, la désorientation est totale. »
Face à ces errements, la famille est déboussolée. Soit elle accompagne son parent, soit elle lui interdit toute sortie, ce qui provoque des difficultés relationnelles et des manifestations violentes. Lorsque c'est la police qui retrouve ces personnes égarées sur la voie publique, elle menace de faire un signalement, « le conjoint ou les enfants n'ont plus d'autre choix que le placement en institution ». « Là se pose un nouveau problème : les établissements refusent souvent ces malades déambulateurs, insiste Catherine Ollivet. La disparition provoque une angoisse abominable. Il ne faut pas comparer Columba au bracelet destiné aux prisonniers, il s'agit ici d'assistance. »
« Au cours des fugues qui durent plus de vingt-quatre heures, le taux de décès s'élève à 50 %, souligne le Dr Stéphane Bergeron, président de Medical Intelligence. Or 60 à 70 % des malades font des fugues. » Avec l'allongement de la longévité, un Français sur dix âgé de plus de 65 ans sera touché, on prévoit 13,9 millions de cas en 2025.
Le bracelet, qui pèse 100 g, est constitué d'un système de géolocalisation GPS, d'un émetteur-récepteur GSM/Gprs incluant une carte Sim, ainsi qu'un système intelligent de détection d'alerte. Il permet également de programmer un périmètre de sécurité au-delà duquel une alerte se déclenche.
Vendu en pharmacie.
La société québécoise a choisi la France pour réaliser les premiers tests de son téléphone, parce qu'elle estime qu'avec Orange le réseau est particulièrement bien développé. « Nous soutenons ce projet depuis deux ans. Il s'inscrit dans notre programme Orange Care visant à mettre l'innovation mobile au service de la santé et du bien-être, précise Jean-Noël Tronc, directeur de la stratégie et de la marque Orange. Columba illustre cette dimension essentielle du mobile comme fil de vie, qui sécurise son utilisateur tout en lui donnant plus de liberté. »
Cet été, à la maison Brune, à Paris, il s'agira donc de tester l'acceptation du bracelet-téléphone-Gps, lequel sera relié à un centre d'appel médicalisé géré par AXA Assistance. Columba sera vendu en pharmacie, dès la fin de cette année, aux environs de 300 euros et pour un abonnement mensuel d'une trentaine d'euros.
Source : senioractu.com

Trouver une maison de retraite adaptée à votre situation.